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  • Contexte et cadres théorique et méthodologique

    Retrouvez le document de synthèse d'Aurélie Laborde définissant les cadres théorique et méthodologique de nos recherches. Ce document fait le lien entre le contexte, les thématiques et problématiques choisis et étudiés par les chercheurs.

    Télécharger le cadrage théorique et méthodologique :  (800 ko)


    L’intégration des TIC dans l’agriculture est aujourd’hui considérée comme un enjeu stratégique par de nombreux acteurs du secteur. Pour la majorité d’entre eux, les exploitants qui ne s’équipent pas et n’utilisent pas ces outils seraient voués à
    disparaître.

    Il existe toutefois peu d’études et de recherches, au regard des enjeux dans ce domaine, par ailleurs plutôt bien relayé dans la presse spécialisée et les sites web professionnels. On trouve également peu d’actions d’envergure, de sensibilisation, d’accompagnement ou de formation aux TIC dans l’agriculture, en dehors d’initiatives marquées par des enjeux économiques.


    LES TIC DANS L’AGRICULTURE, DE QUOI PARLE-T-ON ?

    Aujourd’hui, au-delà de l’informatisation et de la connexion Internet, les TIC dans l’agriculture recouvrent plusieurs catégories de dispositifs :
        - les dispositifs de contrôle et de vérification (télé-déclaration PAC, traçabilité) ;
        - les dispositifs de gestion comptable (logiciels souvent reliés aux centres de gestion) ;
        - les dispositifs de gestion de la production (logiciels de gestion des troupeaux, des parcelles…) ;
        - les dispositifs de transformation (surtout dans la viticulture et l’agroalimentaire) ;
        - les dispositifs commerciaux et de communication avec les consommateurs (emarketing, e-commerce) ;
        - les dispositifs de communication et de réseaux professionnels (newsletters, blogs, échanges EDI…) ;
        - les dispositifs de production (GPS embarqués, machine to machine, automatisation, identification électronique des animaux…).

    Ces technologies sont potentiellement accessibles depuis plusieurs récepteurs (ordinateurs portables, téléphones mobiles), elles sont personnelles ou disponibles en ligne. En cela, elles suivent l’évolution de la nomadisation des pratiques numériques.
    C’est donc plutôt le vaste champ de l’informatique communicante et de ses applications et services destinés à l’agriculture que la simple informatisation des exploitations que nous choisissons d’interroger ici.

    Si la plupart des exploitants aquitains disposent au moins d’un ordinateur à domicile (74%), le plus souvent connecté à internet (91%), les autres outils sont moins utilisés et leur adoption comme leur appropriation dépendent largement du secteur de production, de la taille de l’exploitation, des réseaux sociaux locaux et professionnels, du profil de l’exploitant et de sa représentation du métier et de l’identité d’agriculteur.

     

    DES RECHERCHES SUR L’INFORMATIQUE AGRICOLE DES ANNEES 80 A UN PROGRAMME DE RECHERCHE SUR LES TIC DANS L’AGRICULTURE

    L’informatique s’est très tôt diffusée chez les agriculteurs mais contrairement aux discours très enthousiastes des années 80 qui voyaient l’informatique comme « une innovation aussi importante et au même potentiel de changement que le tracteur dans les années 60 » et qui pensaient avant tout l’informatique comme « aide à la décision » permettant l’autonomisation des agriculteurs, la diffusion comme les usages des TIC restent très disparates et concernent avant tout les logiciels de gestion de la comptabilité.

    Les 1ères recherches françaises dans le domaine de l’informatisation agricole ont notamment pu montrer :

        - les caractéristiques des processus de diffusion de ces technologies dans l’agriculture (avec l’importance du conseil et des         réseaux sociaux locaux et professionnels) ;
        - l’importance du type de projet informatique de l’exploitant (à visée identitaire ou instrumentale) et son influence sur les modes d’appropriation.

    S’attacher 20 ans plus tard à travailler sur les TIC dans l’agriculture c’est :

        - prendre en compte l’histoire de l’informatisation et plus largement de la
    modernisation de l’agriculture ;
        - reconnaître les spécificités des technologies d’information et de communication par rapport à la simple utilisation d’un ordinateur (les TIC sont des médias et à ce titre ne sont pas de simples connecteurs mais reconfigurent les interactions et les rapports sociaux ; ce sont également des « simulacres » où techniques et contenus diffusés sont étroitement liés ; elles reposent enfin sur des imaginaires puissants comme l’ubiquité, la transparence, la suppression de l’espace et du temps… qui marquent les
    processus de diffusion et d’appropriation) ;
        - prendre en compte des contextes institutionnels et professionnels différents (professionnalisation et évolution des identités et des modes de vie des agriculteurs, promotion d’une agriculture intensive et raisonnée, développement des circuits courts, crise économique touchant les différents secteurs agricoles, augmentation des tâches administratives au détriment de la production, pluriactivité des agriculteurs…) ;
        - poser un nouveau regard sur les réseaux sociaux professionnels à l’ère d’Internet et de la mondialisation des échanges (on peut par exemple se demander si le rôle des organismes de conseil et des réseaux professionnels est toujours aussi important à une époque où les agriculteurs peuvent directement chercher sur Internet les informations les plus avantageuses sans dépendre de leur réseau local ? De nouveaux réseaux professionnels déterritorialisés, s’appuyant sur des newsletters ou des communautés de pratiques, voient-ils le jour comme on le constate dans d’autres secteurs d’activités ? Ces réseaux se construisent-ils dans ce cas autour d’un secteur d’activité, d’intérêts pratiques ou d’une perception commune du métier et de ses évolutions ?).

     
    UN QUESTIONNEMENT SPECIFIQUE

    Notre thématique centrale concerne « la place que prennent les dispositifs numériques d’information, de communication et de gestion dans les mutations permanentes des métiers et des pratiques communicationnelles et organisationnelles de l’agriculture contemporaine. »

    Nous nous intéressons ainsi simultanément aux exploitations et aux agriculteurs aquitains, en les intégrant dans les réseaux sociaux, professionnels et institutionnels plus larges dans lesquels ils s’insèrent.

    Les techniques sont envisagées comme des dispositifs parmi d’autres, participants aux évolutions globales et livrant opportunités et contraintes aux exploitations.

    Les processus de diffusion comme de changement et d’appropriation sont appréhendés comme des construits sociaux fondés sur les stratégies et les interactions des acteurs, et s’appuyant sur des réseaux.

    Les représentations des TIC mais également de l’évolution des métiers prennent également une place importante dans nos analyses, comme des éléments participant pleinement à la construction des processus d’appropriation.

    Ce programme, s’inscrivant dans une recherche tournée vers l’action et menée en partenariat avec l’Europe (Programme FEDER), la Préfecture d’Aquitaine et le Conseil Régional d’Aquitaine, s’intéressera prioritairement :
        - aux secteurs agricoles les plus représentés en Aquitaine et qui connaissent aujourd’hui des difficultés économiques et de positionnement ;
        - aux secteurs qui pourraient tirer profit du développement des TIC (communication professionnelle, vente directe, maîtrise raisonnée de la production) ;
        - aux contraintes et corollaires négatifs du développement des TIC dans les exploitations ;
        - aux difficultés en matière d’accompagnement et de sensibilisation dans ce domaine.

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